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Le nuage

Le 12 juillet 2017, 22:51 dans Maternité 3

Alors voilà.... elle n'est plus là. 

Il y a eu l'appel du 18 juin et j'ai fondu en larmes, j'ai sauté dans ma voiture et j'ai conduit sans trop savoir comment j'ai réussi à aller jusqu'à Paris, entre mes larmes, en écoutant Unintended de Muse en boucle, encore et encore. Je disais "j'arrive Maman, j'arrive, ça va aller".

C'était la dernière fois que je te voyais en vie, malgré cette respiration si difficile, si douloureuse... Mon frère est parti acheter son poison, moi je sentais qu'il ne fallait pas te laisser seule... et juste à ce moment, j'ai vu les chiffres qui descendaient sur cette fichue machine, ton coeur qui ne battait plus, ton souffle si silencieux d'un coup...  j'ai rappelé mon frère, reviens, je lui dis, reviens tout de suite...

Et puis soudainement tout était fini. Irréel et définitif. 

Je me rappelle dans la soirée avoir pensé.... "Tu es en bas dans une chambre froide et moi ici où il fait si chaud". Le 18 juin, ce jour où j'ai perdu ma mère. 

Le lendemain, j'ai dû pleurer pour récupérer ton alliance à l'hôpital. Je voulais que tu soies enterrée avec, mais ils l'avaient récupérée et ils ne voulaient la rendre qu'à ton mari. Amusant quand on sait que vous étiez séparés depuis plus de 20 ans, et divorcés depuis 15.... Mais mon frère avait tous les papiers dans "son nuage"... le papier pour le divorce. Les papiers d'identité. Le n° de sécu. Moi, j'avais tous les papiers, mais chez moi, en Normandie, d'où j'étais partie 24h avant avec une culotte et une brosse à dents.

Il a fallu appeler un service de Pompes Funèbres. Le truc que tu n'imagines pas faire dans ta vie. Choisir un cercueil. La couleur de l'urne. Le modèle de l'avis de décès. L'heure, le lieu... on dit oui, verte, plutôt jeudi...Il faut appeler le cimetière, en Ardèche, faire ouvrir le caveau, réserver des billets de train, une voiture. C'est mon frère qui gère. Le nuage, toujours, il a tout dans son nuage.  Les numéros, l'emplacement du caveau, les noms des gens qui s'en occupent. Et son calme me sauve la vie. Je n'arrive à rien. Je suis brouillée dans ma tête, je veux rentrer chez moi, je veux voir mes filles, mon Gars et dormir dans mon lit. 

Et puis il a fallu le dire. Informer les autres. Ceux qui ne savaient pas encore et qui continuaient leur vie, tranquillement. Leur dire que c'était fini, et pleurer à chaque mail, chaque appel.

J'ai lavé des vêtements que j'avais récupéré à l'hôpital. Je ne sais pas pourquoi, parce que je ne les mettrai jamais, et toi non plus. J'ai gardé les baskets que je t'avais achetées à Noël, il y a 2 ans, et avec lesquelles tu n'as jamais marché. 

Ces 21 dernières années, je t'ai dit "je t'aime" un milliard de fois. A chaque fois que je t'ai vue. Et ce dimanche là, ce jour interminablement douloureux, je te l'ai dit encore et encore, pour que tu saches que j'étais là, même si toi tu étais déjà loin, dans le coma, et que tu n'as jamais rouvert les yeux. 

Longtemps après, je t'entendais encore respirer. J'ai même cru t'entendre respirer dans la chambre mortuaire. J'ai eu ce sursaut de déni, au dernier moment "non, non, laissez la moi encore un instant", même si on t'a eu pour nous tous seuls pendant 21 ans.

Tout avait commencé le 22 juin 1996. Et tout s'est terminé le 22 juin 2017, au Père Lachaise, avec ta soeur, tes cousins, tes oncles et tantes. La boucle est bouclée. 22 juin et ma Castille d'amour qui aurait dû fêter ce jour là ses 5 bougies, mais que nous avions soufflé en avance, pour qu'elle ait son gâteau, ses cadeaux....

Et puis le dernier jour. Le vendredi au bout du monde, là bas en Ardèche, loin dans la campagne. En portant cette urne, j'ai pu te serrer une dernière fois contre moi très fort, sentir une dernière fois le poids et la chaleur que je n'avais plus sentis depuis ce dimanche-là. 5 jours seulement et déjà une éternité.

Jeudi 30 juin. J'ai enfin vidé ma valise. Je ne voulais pas refermer cette parenthèse. J'ai rangé les produits de toilettes que j'ai récupéré chez toi. Parfois je sniffe mes filles en regrettant qu'on ne puisse pas enregistrer les odeurs, mais je préfère oublier celle d'Orpea. Il me suffit de sentir Eau Sauvage pour me souvenir de toi, même si tu ne l'as pas porté depuis des années. 

J'ai mis une chemise que je t'avais offerte. L'étiquette de l'Ehpad ne se décolle pas, je porte ton nom dans mon cou. Parfois ça revient comme une claque. Je me demande comment tu vas, là haut, dans ton nuage. 

Castille s'inquiète de me voir triste et fatiguée. Moi je m'insurge contre les gens que j'ai prévenu par email et qui auraient aimé un coup de fil. J'essaie de faire au mieux. Et puis au fond, je m'en fous. Je veux juste qu'on me foute la paix. J'ai perdu ma maman.

Blouses Stella - Ikatee

Le 27 février 2017, 16:00 dans Couture 0

Hum, j'ai du mal à raconter mes cousettes sur ce blog... pourtant, j'ai cousu et j'ai du temps (mais finalement, c'est quand je cours partout que je suis la plus efficace et la plus organisée....).

Bref! je vais essayer de remonter un peu le fil des cousettes des derniers mois, et je commence par cette nouvelle créatrice de patrons, Ikatee, chez qui j'ai acheté ce modèle de blouse Stella. Je cherchais depuis longtemps un modèle avec les frous frous qu'on voit partout, je me disais que je pourrais peut-être me lancer et faire mon modèle mais j'ai trouvé mon graal :-)

 

L'avantage du patron en PDF, c'est qu'on le reçoit instantanément. Les inconvénients? il faut avoir de l'encre dans l'imprimante et du temps pour tout scotcher et découper.... 

J'avoue que j'ai apprécié d'avoir la possibilité d'imprimer soit la taille que je souhaite (plusieurs fichiers, un par taille) soit d'imprimer le fichier général et de décalquer comme avec un patron pochette. Comme j'avais prévu d'en coudre au moins 2, j'ai choisi la dernière solution.

Au niveau des explications, j'ai tout lu une fois puis j'ai fait à ma façon. Je n'en suis plus à ma première blouse, donc je visualise assez bien comment monter les pièces. J'ai utilisé l'option ourlet roulotté de ma surjeteuse pour le bord des volants (la fille qui se la joue un peu alors qu'elle a galéré pour trouver les réglages, lol!). 

Pour la 1ère blouse, je n'avais qu'1,10m d'un coupon que j'avais trouvé dans une petite boutique à côté de chez moi, j'ai donc raccourci un peu les volants (normalement, ils doivent descendre plus bas)  et j'ai réduit la largeur des manches (j'avais lu qu'elles étaient très / trop larges lorsque j'ai fait ma petite enquête Instagram/blogs): taillé en 7 ans pour ma 7 ans qui n'est pas une géante, elle est parfaite! 

 

Le tissu se tient bien et les volants sont plus réussis que sur la version en liberty : je trouve qu'ils sont un peu "mous" (ou alors j'aurais dû réduire leur largeur). 

Voilà le résultat en taille 12 ans et en Liberty Betsy Ann gris (acheté sur le vide-atelier Rouge Nahsam): j'ai récidivé pour la longueur des volants et l'amplitude des manches, mais je n'ai pas pris les mesures de ma fille (9 ans mais elle met du 12 ans du commerce) et la blouse est trop grande. Tant pis, elle lui ira plus longtemps!  

Il faudrait que je tente la version en jersey, mais je dois d'abord écouler mes stocks de tissus: j'avais réussi à me tenir à carreau pour les achats mais j'ai rechuté à la foire aux coupons des Coupons St Pierre. Heureusement, j'avais été relativement raisonnable et j'ai acheté des tissus en visualisant un projet précis: 2 manteaux et une robe sont déjà sortis de ma machine. 

Normandie

Le 4 novembre 2016, 21:49 dans Maternité 4

J'ai mis du temps à revenir sur ce blog. Je ne me sens pas aussi intéressante que celles que je lis! Mais quelques lignes quand même, ne serait-ce que pour me souvenir des belles choses et des beaux moments que nous vivons. 

Normandie, donc, car c'est l'endroit où nous vivons depuis septembre. Fin juin, le Gars a appris que sa demande de mutation a été acceptée et qu'il prendra donc son nouveau poste le 1er septembre, dans l'Eure. Alors certes, l'Eure touche l'Ile de France, mais nous sommes bien normands dans notre nouvelle ville d'adoption. Nous louons une maison au milieu des bois et une fois dépassée ma crainte de passer mes nuits seule (il travaille de nuit) et de reprendre le volant tous les jours, je trouve qu'on y est merveilleusement bien. 

En septembre, j'ai travaillé de la maison pour finir une mission avant de quitter mon équipe.... 

Les filles se sont adaptées comme le font les enfants: immédiatement et sans inquiétude (ou presque). Nouvelles copines, nouvelles habitudes: Lilou et Soline passent leur vie dans le jardin, Manou vit son indépendance de préado (elle n'a que 9 ans mais elle réclame son indépendance avec une telle force qu'elle m'impressionne: elle a l'air tellement certaine de ce qu'elle mérite, de ce qu'elle vaut.... ).  D'ailleurs, elle a obtenu d'avoir de l'argent de poche. Et de pouvoir acheter du gloss avec... Et puis elle me réclame un sac à dos pour remplacer son cartable, on négocie encore. Lilou n'arrête pas de parler, tout le temps, et quand elle ne parle pas, elle chante. Elle m'inonde de "Maman je t'aime, je t'adore, je veux vivre toute ma vie avec toi" et moi je fonds, bien sûr. Ma Soline est en pleine transition, passer de petite de 6 ans à grande de 7 ans, c'est compliqué pour elle. Elle aimerait rester encore un peu bébé, mais elle voit que ses copines sont plus matures. Elle fait ce qu'elle peut. 

Comme j'ai quitté mon emploi (pour tout un tas de raisons dont la géographique), me voici au pied du mur: que vais-je faire de ma vie? En attendant de retrouver un travail, je vais pouvoir coudre, même si finalement, quand j'ai "trop" de temps devant moi, j'ai moins de motivation. Je prends les patrons que j'ai accumulé depuis des années, et je vide mon stock de cotons en tous genres (je viens de découvrir un mini magasin de tissu à côté de la maternelle, le piège....).

Je prends des photos pour mon CV, et parfois le Gars vient m'aider et on se marre bien. 

Finalement, je ne l'ai pas retenue pour mon CV, celle-ci ;-)

Je m'efforce d'avancer sur les projets que je me suis fixés. Je trie, je range, je tâche de réfléchir à ce que j'aimerais / pourrais faire. On rentre sur Paris régulièrement, ne serait-ce que pour récupérer ce qui reste à la cave, que les déménageurs n'ont pas réussi à vider pour nous. Ma petite Maman est toujours là-bas, dans son EHPAD du 9-3. Je pense à la faire venir ici, mais un nouveau déménagement, 2 ans après son départ de Grenoble, c'est peut-être trop pour elle. 

En attendant, on profite du jardin (j'ai lancé les plantations de salade et le compost, une vraie campagnarde!), j'ai de magnifiques sabots pour marcher dans la terre (commandés à mes frères pour mon anniv', ça les a bien fait marrer), un toboggan magnifique trouvé sur leboncoin, on se balade en forêt... je crois que c'est la définition du bonheur qui s'impose à nous. Même quand ma voiture est gelée le matin à 8h10 et qu'on est en retard pour l'école.  

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