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Manteaux en pagaille #2 : Manteau à col montant, Modes et Travaux

Le 14 février 2018, 15:17 dans Couture 0

Je continue sur ma lancée, parce qu'il est temps de parler de tous ces manteaux qui sortent de sous mon pied de biche.... (parce que depuis que j'ai écrit le premier article, j'en ai cousu encore 2 autres... ça va être une longue série d'articles!).

Comme j'étais abonnée à Modes&Travaux version "couture", je recevais tous les mois un patron plus ou moins sympa (les 3/4 finissent dans un coin de mon atelier...). Mais j'avais repéré ce manteau parce qu'il avait l'air rapide et facile à coudre. Et parfois, on a vraiment envie de quelque chose de facile, pour enchaîner après une pièce compliquée qui a nécessité beaucoup d'énergie et de découd-vite. Et justement, j'avais un petit coupon de lainage bleu (braderie des Coupons), pile la bonne taille pour le coudre en 8 ans. Ma cadette allait être ravie! 

Il semble que le site de Modes & Travaux ne le propose plus, par contre, dommage car c'est  un bon basique rapide et pratique! 

Très facile à coudre, j'ai juste zappé l'étape de la ceinture et des passants, ils étaient trop épais pour que ma machine veuille s'acquitter de son boulot correctement, et puis ma fille n'aurait jamais noué la ceinture... La doublure provient des coupons St Pierre, dont j'avais pris 3 mètres et que je n'arrive pas à écouler. Il faut que je trouve un modèle de robe pour moi pour le terminer ! 

Seul inconvénient: ma fille ne le met pas, parce que la laine gratte (au niveau du col). Pas de chance, parce qu'il est très bien coupé et - je me lance quelques fleurs au passage - très bien fini! 

Manteaux en pagaille #1 : Chloé, La Maison Victor

Le 14 février 2018, 14:46 dans Couture 0

omme je le disais dans un de mes derniers articles, depuis ma virée parisienne aux Coupons de St Pierre, mon stock de tissus est descendu doucement mais sûrement. 

Je suis une grande fan de manteaux, je ne trouve jamais ce que je veux en magasin (ni la bonne couleur, ni le bon système de fermeture, ni les poches comme j'aime...) et j'ai déjà cousu 2 Céphées / Ivanne Soufflet aux filles:

- un rouge avec une touche de liberty

- un bleu marine avec une touche de doré

Cette fois-ci, j'avais envie de me lancer dans la couture de la veste Chloé / La Maison Victor. J'ai acheté quasi tous les magazines (sauf évidemment celui de l'été 2014 qui est introuvable maintenant et dans lequel il y a des pépites semble-t'il), et je me suis promis de faire au moins un modèle dans chaque. Je n'ai pas acheté celui de janvier, mais je vais aller voir ce que nous réserve celui qui vient juste de sortir. 

Bref, Chloé donc: j'ai trouvé un lainage parfait, souple et chaud, et j'aurais pu me contenter de monter la veste en version simple car l'envers du tissu est aussi joli que l'endroit. Mais j'ai tenu à y rajouter une doublure (oh bah ça tombe bien, j'en avais acheté aussi, justement, c'est fou cette coïncidence). Et j'ai suivi le tuto indiqué dans le magazine pour la découpe. Biland: rappelez-moi de ne plus utiliser de doublure, vous savez, celle qui glisse, tout fluide, entre mes doigts et mes aiguilles. J'ai fini par y arriver mais honnêtement, j'ai failli la balancer par la fenêtre. Maintenant, je suis bien contente d'avoir été au bout, car mon manteau est parfait ! Chaud mais pas trop, pas trop lourd (j'ai un manteau en lainage rigide qui me gêne parfois car il manque de souplesse), il s'enfile en 2 secondes grâce à cette "merveilleuse" doublure dont j'ai mentionné l'existence un peu plus haut... 

Modifications: j'ai rajouté une fermeture éclair -que j'ai cousu à la main- car j'ai trouvé ça plus pratique (et je l'avais repéré sur une vidéo Youtube, encore une fois lors d'une petite enquête pré-cousette. 

Est-ce que vous faites ça aussi, une enquête digne d'un détective privé avant de vous lancer dans une cousette? J'aime bien me faire un panel des oeuvres que je trouve sur le net, ça donne des idées et parfois aussi on découvre des infos comme "la manche est trop longue" ou "attention, le patron taille petit". 

D'ailleurs, c'est un réflexe qu'il faut avoir, car on trouve de plus en plus de vidéos explicatives comme par ex ici un tuto (bon, je viens de le voir, pour le coup je n'ai pas le réflexe Vidéos, mais je vais tâcher d'y penser!). 

Quelques photos du manteau que je porte tous les jours ! Et je peux vous dire que j'ai souvent des compliments (surtout quand je précise "c'est moi qui l'ai cousu!! eh eh eh).

La doublure de folie (qui m'a donc rendue folle)....

Les photos floues prises par mes mini photographes... 

Le nuage

Le 12 juillet 2017, 22:51 dans Maternité 3

Alors voilà.... elle n'est plus là. 

Il y a eu l'appel du 18 juin et j'ai fondu en larmes, j'ai sauté dans ma voiture et j'ai conduit sans trop savoir comment j'ai réussi à aller jusqu'à Paris, entre mes larmes, en écoutant Unintended de Muse en boucle, encore et encore. Je disais "j'arrive Maman, j'arrive, ça va aller".

C'était la dernière fois que je te voyais en vie, malgré cette respiration si difficile, si douloureuse... Mon frère est parti acheter son poison, moi je sentais qu'il ne fallait pas te laisser seule... et juste à ce moment, j'ai vu les chiffres qui descendaient sur cette fichue machine, ton coeur qui ne battait plus, ton souffle si silencieux d'un coup...  j'ai rappelé mon frère, reviens, je lui dis, reviens tout de suite...

Et puis soudainement tout était fini. Irréel et définitif. 

Je me rappelle dans la soirée avoir pensé.... "Tu es en bas dans une chambre froide et moi ici où il fait si chaud". Le 18 juin, ce jour où j'ai perdu ma mère. 

Le lendemain, j'ai dû pleurer pour récupérer ton alliance à l'hôpital. Je voulais que tu soies enterrée avec, mais ils l'avaient récupérée et ils ne voulaient la rendre qu'à ton mari. Amusant quand on sait que vous étiez séparés depuis plus de 20 ans, et divorcés depuis 15.... Mais mon frère avait tous les papiers dans "son nuage"... le papier pour le divorce. Les papiers d'identité. Le n° de sécu. Moi, j'avais tous les papiers, mais chez moi, en Normandie, d'où j'étais partie 24h avant avec une culotte et une brosse à dents.

Il a fallu appeler un service de Pompes Funèbres. Le truc que tu n'imagines pas faire dans ta vie. Choisir un cercueil. La couleur de l'urne. Le modèle de l'avis de décès. L'heure, le lieu... on dit oui, verte, plutôt jeudi...Il faut appeler le cimetière, en Ardèche, faire ouvrir le caveau, réserver des billets de train, une voiture. C'est mon frère qui gère. Le nuage, toujours, il a tout dans son nuage.  Les numéros, l'emplacement du caveau, les noms des gens qui s'en occupent. Et son calme me sauve la vie. Je n'arrive à rien. Je suis brouillée dans ma tête, je veux rentrer chez moi, je veux voir mes filles, mon Gars et dormir dans mon lit. 

Et puis il a fallu le dire. Informer les autres. Ceux qui ne savaient pas encore et qui continuaient leur vie, tranquillement. Leur dire que c'était fini, et pleurer à chaque mail, chaque appel.

J'ai lavé des vêtements que j'avais récupéré à l'hôpital. Je ne sais pas pourquoi, parce que je ne les mettrai jamais, et toi non plus. J'ai gardé les baskets que je t'avais achetées à Noël, il y a 2 ans, et avec lesquelles tu n'as jamais marché. 

Ces 21 dernières années, je t'ai dit "je t'aime" un milliard de fois. A chaque fois que je t'ai vue. Et ce dimanche là, ce jour interminablement douloureux, je te l'ai dit encore et encore, pour que tu saches que j'étais là, même si toi tu étais déjà loin, dans le coma, et que tu n'as jamais rouvert les yeux. 

Longtemps après, je t'entendais encore respirer. J'ai même cru t'entendre respirer dans la chambre mortuaire. J'ai eu ce sursaut de déni, au dernier moment "non, non, laissez la moi encore un instant", même si on t'a eu pour nous tous seuls pendant 21 ans.

Tout avait commencé le 22 juin 1996. Et tout s'est terminé le 22 juin 2017, au Père Lachaise, avec ta soeur, tes cousins, tes oncles et tantes. La boucle est bouclée. 22 juin et ma Castille d'amour qui aurait dû fêter ce jour là ses 5 bougies, mais que nous avions soufflé en avance, pour qu'elle ait son gâteau, ses cadeaux....

Et puis le dernier jour. Le vendredi au bout du monde, là bas en Ardèche, loin dans la campagne. En portant cette urne, j'ai pu te serrer une dernière fois contre moi très fort, sentir une dernière fois le poids et la chaleur que je n'avais plus sentis depuis ce dimanche-là. 5 jours seulement et déjà une éternité.

Jeudi 30 juin. J'ai enfin vidé ma valise. Je ne voulais pas refermer cette parenthèse. J'ai rangé les produits de toilettes que j'ai récupéré chez toi. Parfois je sniffe mes filles en regrettant qu'on ne puisse pas enregistrer les odeurs, mais je préfère oublier celle d'Orpea. Il me suffit de sentir Eau Sauvage pour me souvenir de toi, même si tu ne l'as pas porté depuis des années. 

J'ai mis une chemise que je t'avais offerte. L'étiquette de l'Ehpad ne se décolle pas, je porte ton nom dans mon cou. Parfois ça revient comme une claque. Je me demande comment tu vas, là haut, dans ton nuage. 

Castille s'inquiète de me voir triste et fatiguée. Moi je m'insurge contre les gens que j'ai prévenu par email et qui auraient aimé un coup de fil. J'essaie de faire au mieux. Et puis au fond, je m'en fous. Je veux juste qu'on me foute la paix. J'ai perdu ma maman.

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