Créer mon blog M'identifier

Retourner sur la première page du blog

La petite fille qui voulait s'appeler Martin

Le 29 avril 2016, 13:19 dans Maternité 1

Ma numéro 3  a toujours été très casse-cou, très active, très énergique. Elle préfère mettre des baskets que des ballerines, des pantalons que des jupes, et des costumes de pirates plutôt que des robes de princesses. Je ne fais pas de distinction garçon fille, je reprends mon aînée quand elle me dit "ça c'est un jeu de garçons", mais je vois bien que ma Lilou est moins fille que ses soeurs. ça ne me pose aucun problème, j'ai moi-même été un garçon manqué pendant longtemps. 

Mes "grandes" n'ont pas trop marqué cette différence garçon/fille. Elles sont très féminines, choisissent des robes et des collants, des petites chaussures délicates... Mon aînée refuse même de mettre des joggings parce qu'elle trouve que ce n'est pas très joli. 

Depuis quelques jours, Lilou me demande de l'appeler Martin. Je ne sais même pas d'où elle a sorti ce prénom, il n'y en a pas dans notre entourage. Elle m'affirme qu'elle est un "mec". Elle veut des habits de "mec" (et là j'ai une larme à l'oeil en pensant à toutes les jolies jupes et robes que j'ai cousu pour cet été). Hier, j'ai cousu un pantalon dans une vieille veste de son père, elle était aux anges :-) parce qu'en fait, il n'y a quasiment pas de pantalon dans l'armoire dans sa taille, les grandes n'avaient presque que des robes et des jupes au même âge. 

Je lui explique qu'on peut faire les mêmes choses que l'on soit un petit garçon ou une petite fille: courir, sauter, escalader, jouer à l'épée si ça lui chante, et qu'elle n'a pas besoin d'être un garçon, si elle préfère rester une fille. Mais elle est assez certaine de son idée, j'ai l'impression. Ce matin, elle m'a expliqué qu'il y avait déjà assez de filles dans la maison, alors elle préfère être un garçon. Une de mes amies m'avait dit que Lilou voulait peut être s'affirmer en marquant sa différence par rapport à ses grandes soeurs. Je n'en sais rien. Pour le moment, ça m'amuse plutôt. Là où je vais moins rigoler, c'est quand elle va me redemander de lui couper ses beaux et longs cheveux, parce que pour le moment, je refuse de rentrer dans son jeu jusqu'au bout. D'ailleurs, je persiste à l'appeler avec son vrai prénom, même si une fois sur deux, elle me reprend : "non, je m'appelle Martin". 

Bref, Martin is in the place. 

Martin, son pantalon de mec et son T-shirt Superman préféré

Autonomie et indépendance

Le 11 avril 2016, 16:00 dans Maternité 0

Je me demande à quel moment l’autonomie et l’indépendance se rejoignent et se quittent.

J’aime croire que mes filles sont autonomes et perspicaces, probablement même « futées » (mes filles, mes enfants parfaites). Je les ai toujours poussées à avancer : une amie m’avait dit, bien avant que j’ai des enfants « il faut aider tes enfants à devenir autonomes ». Chez nous, cela passe par : des marche-pieds pour atteindre le lavabo, des paniers à hauteur des petits mains pour choisir (mettre le bazar) ses vêtements le matin, autoriser les expériences du type « je peux mettre de la vraie eau dans ma tasse-dînette pour imiter le café ? oui, et si tu veux, tu peux aussi mettre le café dans ma vraie cafetière, 3 cuillères, merci » (mais c’est moi qui l’allume, je vous rassure).

 

Un article de Prune et Violette m’avait particulièrement interpellée il y a quelques mois : J’ai décidé de dire oui. J’essaie aussi de dire oui, le plus possible. Mais je n’y arrive pas le soir quand Lilou se relève pour la 12ème fois, j’avoue. Je navigue entre cadres clairs/stricts et autorisations ludiques/loufoques. Je me dis que je favorise leur autonomie, mais je sais qu’il n’y a pas de formule magique, l’enfant ne pousse pas droit dans nos désirs tout tracés.

Oui, tu peux faire une cabane avec tous les coussins

Parfois, je pousse trop ou trop vite. Mon aînée en fait malheureusement souvent les frais. Je la laisse apprendre ses leçons, mais elle ne la sait pas quand je l’interroge : ça m’agace. Ou je la laisse se laver les cheveux mais elle a des nœuds partout, après. Ça m’agace, aussi. Par contre, elle refuse de prendre sa douche seule, car elle vit dans l’angoisse de se brûler en ouvrant les robinets. Je lui ai montré des dizaines de fois, son père aussi, mais elle bloque. Il faut dire aussi que se laver ne fait pas partie de ses activités préférées (#grungeforever). Je lui ai suggéré de faire ses devoirs « en avance » pour la semaine prochaine, et puis finalement le jour arrive et non seulement elle ne les a pas faits, mais elle a oublié le cahier pour les faire. Elle me teste, je crois. Bref. Je travaille sur mon agacement, avant tout, et sur mes envies qui ne sont pas adaptées à ses besoins et à ses capacités. Mais quand elle me dit « ce soir, c’est moi qui fait le dîner », je me dis qu’on est sur la bonne voie : elle aime me montrer qu’elle sait faire, qu’elle peut faire. Certes, saucisses-purée, ce n’est pas un menu gastronomique, mais ça se mange très bien. Et elle est si fière de faire des choses avec moi (elle tente même parfois de me virer de la cuisine).

Je ne dis pas qu’il faut qu’elles sachent TOUT faire. Faire le dîner ne fait pas partie des choses que j’estime normales. Mais Manou aime prendre cette initiative. Alors je la laisse faire, en l’aidant bien sûr.

Je sais bien pourquoi c’est si important pour moi qu’elles sachent se débrouiller seules. On en revient toujours à ma propre histoire, ma mère qui n’a pas toujours été vaillante et disponible pour nous. Je ne veux pas que mes filles tombent de haut, si un jour je ne suis plus là. Je voudrais aussi que mes filles soient des femmes indépendantes. Une de mes amies n’avait jamais fait sa lessive à 20 ans passés. Je trouvais ça hallucinant. Je ne dis pas que je veux que mes filles sachent faire la lessive (j’entends la voix des féministesqui s’élève), je dis que je veux qu’elles sachent tracer leur route quand elles auront l’âge, et clairement, savoir faire une lessive avant 20 ans me paraît hautement utile.

 

J'aimerais aussi qu'elles soient des super-héroïnes, mais bon....

Autonomie et indépendance, donc. En temps et en heure.

Parce qu’à l’inverse, je réalise que je ne suis pas prête à lâcher la bride. Manou aimerait rentrer seule de l’école. Je ne peux pas. Je ne suis pas prête (et la serrure de la grille en bas est trop haute, ah ah ah, ouf, j’ai du temps encore). La laisser aller chercher du pain seule (sans l’attendre devant la boulangerie) : hum hum, non. Trop de gens bizarres, trop de rues à traverser et de conducteurs irresponsables.

Autonomes à la maison, avec moi, oui. Indépendantes dehors, hors de ma vue, non. Compliqué, n’est-ce pas, de les laisser grandir ?

Des petites définitions trouvées sur le web : ici et

 

 


L’autonomie
 : c’est décider par soi-même.

L’indépendance : c’est faire par soi-même. 

 

·  Selon le dictionnaire Larousse, l'autonomie est la capacité d'une personne ou d'une organisation à prendre des décisions seule.

La racine grec du mot autonomie est la suivante : autos qui signifie "soi-même" et nomos, loi. Être autonome, c'est obéir à sa propre loi, se gouverner soi-même. L'autonomie se réfère au soi.

·  L'indépendance est l’absence factuelle d'attaches à autrui ou à une organisation et la volonté de n'être soumis à rien, influencé par personne.

La racine du mot est latine, pendere, qui veut dire pendre. Être indépendant, c'est ne dépendre de rien ni personne. L'indépendance se réfère aux autres.

 

L'empreinte que je laisse

Le 15 février 2016, 17:58 dans Maternité 0

Pas la carbone (j'essaie de la réduire, celle-là), mais le souvenir que je vais laisser sur cette terre... Je me demande, parfois, ce qu'on retiendra de moi.  Est-ce que je vais marquer les esprits, d'une manière ou d'une autre? Non pas que ce soit mon objectif premier, dans la vie, mais parfois, je me demande... 

Petite, je voulais être écrivain. J'ai écrit des livres, des poèmes, j'ai même envoyé un manuscrit à des éditeurs, mais la plupart m'ont gentiment répondu qu'il ne correspondait pas à leur ligne éditoriale. Pourtant, une fiction sur le Triangle des Bermudes avec des extra-terrestres dedans, ça envoyait du lourd, vous pouvez me croire. 

Si je ne peux pas écrire un roman, très bien, j'écrirais des articles: je me suis auto-promue Journaliste. Mon journal (à peu près mensuel) s'appelait le Précussy . J'avais même créé un logo et la société qui l'éditait s'appelait "Précus, la société qui vous rend fou" (ça se prononçait [précusse]). L'abonnement coûtait un carnet de timbres, soit les frais de port. Et j'avais une machine à écrire électronique sur laquelle je tapais mon journal. Je pensais vraiment qu'un jour, je serais lue partout dans le monde.

Puis j'ai grandi, beaucoup écrit dans un journal "intime" toutes les horreurs qui me passaient par la tête pendant que ma mère ronflait dans un coin, beurrée comme le fruit (et en plus, ça rime). La séparation de mes parents, l'accident bête de ma mère qui s'étouffe avec un bout de pain, l'hôpital, l'odeur de la mort, l'anorexie, la dépression... tout ça s'enchaîne en moins d'un an. J'ai 16 ans et juste envie de disparaître, d'être invisible puisque je ne suis bonne à rien dans tout ça, je l'écris, et quand je le relis, je suis horrifiée de lire tout ce noir. 

Bien plus tard, je commence à bosser, et l'ironie du sort fait que je travaille pour une newsletter, et que j'écris donc des articles. Une vraie petite journaliste, ô joie. Même si on parle capital-risque et fusions-acquisitions. 

Aujourd'hui, j'ai changé de boulot, et je n'écris plus beaucoup. Même sur ce blog, d'ailleurs. Mais j'écris pour laisser un peu une trace. Pour moi. Pour me dire: "Ah oui, tiens, c'est vrai, j'ai fait ça et peut-être que d'autres personnes l'ont vu". Ne plus être invisible, quoi. Même si je n'écris pas d'article sponsorisé, même si je n'ai pas la lightbox pour faire des super mises en scène, même si parfois j'ai l'impression d'être un mouton et que je suis bien loin de mon rêve de gamine. 

J'aimerais laisser une trace, mais je ne suis pas sûre de savoir laquelle, en fait. Je n'ai pas abandonné l'idée d'écrire "un livre pour de vrai". Je n'arrive déjà pas à écrire mon CV pour changer de boulot, donc autant vous dire que ce n'est pas gagné. 

Quelque part, j'ai déjà laissé 3 empreintes avec des mèches folles impossibles à coiffer. 3 petites empreintes qui rigolent et qui me font des câlins, qui comptent sur moi (pour manger, ne serait-ce que ça) et qui m'aiment, je crois, inconditionnellement. Normalement, je devrais leur laisser un souvenir un peu moins embué que celui que m'a laissé ma mère (que j'aime à la folie, entendons-nous bien, mais notre relation mère-fille aujourd'hui est compliquée par un syndrome frontal et un fauteuil roulant qui ne rentre pas dans ma voiture). 

Mais je crois que j'ai envie d'autre chose. J'ai envie qu'on se dise "tu as lu le dernier article / bouquin de Bebloom? top, non?". OK, ya du boulot. Mais j'ai le droit de rêver, non? 

Voir la suite ≫