Je me demande à quel moment l’autonomie et l’indépendance se rejoignent et se quittent.

J’aime croire que mes filles sont autonomes et perspicaces, probablement même « futées » (mes filles, mes enfants parfaites). Je les ai toujours poussées à avancer : une amie m’avait dit, bien avant que j’ai des enfants « il faut aider tes enfants à devenir autonomes ». Chez nous, cela passe par : des marche-pieds pour atteindre le lavabo, des paniers à hauteur des petits mains pour choisir (mettre le bazar) ses vêtements le matin, autoriser les expériences du type « je peux mettre de la vraie eau dans ma tasse-dînette pour imiter le café ? oui, et si tu veux, tu peux aussi mettre le café dans ma vraie cafetière, 3 cuillères, merci » (mais c’est moi qui l’allume, je vous rassure).

 

Un article de Prune et Violette m’avait particulièrement interpellée il y a quelques mois : J’ai décidé de dire oui. J’essaie aussi de dire oui, le plus possible. Mais je n’y arrive pas le soir quand Lilou se relève pour la 12ème fois, j’avoue. Je navigue entre cadres clairs/stricts et autorisations ludiques/loufoques. Je me dis que je favorise leur autonomie, mais je sais qu’il n’y a pas de formule magique, l’enfant ne pousse pas droit dans nos désirs tout tracés.

Oui, tu peux faire une cabane avec tous les coussins

Parfois, je pousse trop ou trop vite. Mon aînée en fait malheureusement souvent les frais. Je la laisse apprendre ses leçons, mais elle ne la sait pas quand je l’interroge : ça m’agace. Ou je la laisse se laver les cheveux mais elle a des nœuds partout, après. Ça m’agace, aussi. Par contre, elle refuse de prendre sa douche seule, car elle vit dans l’angoisse de se brûler en ouvrant les robinets. Je lui ai montré des dizaines de fois, son père aussi, mais elle bloque. Il faut dire aussi que se laver ne fait pas partie de ses activités préférées (#grungeforever). Je lui ai suggéré de faire ses devoirs « en avance » pour la semaine prochaine, et puis finalement le jour arrive et non seulement elle ne les a pas faits, mais elle a oublié le cahier pour les faire. Elle me teste, je crois. Bref. Je travaille sur mon agacement, avant tout, et sur mes envies qui ne sont pas adaptées à ses besoins et à ses capacités. Mais quand elle me dit « ce soir, c’est moi qui fait le dîner », je me dis qu’on est sur la bonne voie : elle aime me montrer qu’elle sait faire, qu’elle peut faire. Certes, saucisses-purée, ce n’est pas un menu gastronomique, mais ça se mange très bien. Et elle est si fière de faire des choses avec moi (elle tente même parfois de me virer de la cuisine).

Je ne dis pas qu’il faut qu’elles sachent TOUT faire. Faire le dîner ne fait pas partie des choses que j’estime normales. Mais Manou aime prendre cette initiative. Alors je la laisse faire, en l’aidant bien sûr.

Je sais bien pourquoi c’est si important pour moi qu’elles sachent se débrouiller seules. On en revient toujours à ma propre histoire, ma mère qui n’a pas toujours été vaillante et disponible pour nous. Je ne veux pas que mes filles tombent de haut, si un jour je ne suis plus là. Je voudrais aussi que mes filles soient des femmes indépendantes. Une de mes amies n’avait jamais fait sa lessive à 20 ans passés. Je trouvais ça hallucinant. Je ne dis pas que je veux que mes filles sachent faire la lessive (j’entends la voix des féministesqui s’élève), je dis que je veux qu’elles sachent tracer leur route quand elles auront l’âge, et clairement, savoir faire une lessive avant 20 ans me paraît hautement utile.

 

J'aimerais aussi qu'elles soient des super-héroïnes, mais bon....

Autonomie et indépendance, donc. En temps et en heure.

Parce qu’à l’inverse, je réalise que je ne suis pas prête à lâcher la bride. Manou aimerait rentrer seule de l’école. Je ne peux pas. Je ne suis pas prête (et la serrure de la grille en bas est trop haute, ah ah ah, ouf, j’ai du temps encore). La laisser aller chercher du pain seule (sans l’attendre devant la boulangerie) : hum hum, non. Trop de gens bizarres, trop de rues à traverser et de conducteurs irresponsables.

Autonomes à la maison, avec moi, oui. Indépendantes dehors, hors de ma vue, non. Compliqué, n’est-ce pas, de les laisser grandir ?

Des petites définitions trouvées sur le web : ici et

 

 


L’autonomie
 : c’est décider par soi-même.

L’indépendance : c’est faire par soi-même. 

 

·  Selon le dictionnaire Larousse, l'autonomie est la capacité d'une personne ou d'une organisation à prendre des décisions seule.

La racine grec du mot autonomie est la suivante : autos qui signifie "soi-même" et nomos, loi. Être autonome, c'est obéir à sa propre loi, se gouverner soi-même. L'autonomie se réfère au soi.

·  L'indépendance est l’absence factuelle d'attaches à autrui ou à une organisation et la volonté de n'être soumis à rien, influencé par personne.

La racine du mot est latine, pendere, qui veut dire pendre. Être indépendant, c'est ne dépendre de rien ni personne. L'indépendance se réfère aux autres.